18 Juin 2015

Principes techniques

De capacité moyenne, Soyouz vient compléter la gamme des lanceurs de l’ESA, composée d’Ariane et de Véga.

Un nouveau lanceur pour l’ESA


Soyouz est composé de 4 étages :
  • Le 1er étage, identique à celui de Sémiorka ;
  • Le 2e étage, constituant le corps central, autour duquel les 4 accélérateurs sont assemblés en fagots ;
  • Le 3e étage, qui utilise comme le 2ème un mélange d’oxygène liquide et de kérosène ;
  • L’étage supérieur rallumable Fregat, qui utilise du peroxyde d’azote, de l'UDMH et de l’hydrazine.

Une version évoluée

Pour s’adapter au pas de tir guyanais, le lanceur a été légèrement modifié et devient Soyouz version 2. Deux types de lanceurs de cette nouvelle version seront utilisés depuis la Guyane à partir de 2009 : les versions 2-1-a et 2-1-b.

Qualifié en 2004, Soyouz 2-1-a dispose d’une coiffe plus grande et d’un système de contrôle numérique qui lui donne une plus grande souplesse d'utilisation. Grâce à la position géographique du CSG, plus proche de l'équateur, sa capacité d'emport est de 2,7 tonnes sur une orbite de transfert géostationnaire, soit presque 2 fois plus que depuis Baïkonour.

Le modèle 2-1-b a été qualifié en 2006, à l'occasion du lancement depuis Baïkonour du satellite CoRoT, développé par le CNES.
Il pourra placer jusqu'à 3 tonnes de charge utile sur une orbite de transfert géostationnaire, grâce à un 3e étage plus puissant. Le 3e étage de Soyouz 2-1-b sera en effet équipé d'un nouveau moteur plus performant.

Un nouvel ensemble de lancement

 L'ensemble de lancement Soyouz, séparé d’une dizaine de km des installations d’Ariane, est constitué d’un centre de lancement, d’une zone d'intégration et d’une zone de lancement.  D’une surface de 120 hectares, il est situé au nord-ouest du CSG, au lieu dit Malmanoury Nord, à 45 km de Kourou sur la commune de Sinnamary.

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Vue d'artiste des installations de Soyouz en 2008 ; crédits CNES/Esa/D.Ducros

Installations de Soyouz en Guyane. Crédits : ESA/Ill. D. Ducros.

 

Le pas de tir de Soyouz est presque similaire à ceux de Russie et du Kazakhstan. Seule différence importante : l'installation des charges utiles se fera à la verticale à l'aide d'un portique, alors qu'elle se fait horizontalement en Russie. Ce choix permet de protéger les charges utiles des conditions climatiques guyanaises et de garantir une homogénéité avec les procédures utilisées sur Ariane 5 et Véga.

L'emplacement retenu permet d'effectuer des lancements aussi bien vers l'Est que vers le Nord et vers la mer, garantie de sécurité des populations et de l’environnement. Toutes les règles de sauvegarde déjà appliquées au CSG seront également valables sur l'ensemble de lancement Soyouz.

Un chantier d'envergure

 

Les travaux de préparation ont commencé en janvier 2004. Le chantier de terrassement a été ouvert en janvier 2005 et le chantier du site de lancement a officiellement été inauguré le 27 février 2007.

Les équipements destinés au pas de tir et aux systèmes du lanceur, fournis par la Russie, sont arrivés sur le sol guyanais en 2008. Depuis août 2008, des équipes de techniciens et experts russes sont présentes sur le site afin d'assurer l'installation des matériels sur les infrastructures construites par le CNES.

Les essais de qualification technique, suivis du vol inaugural de Soyuz en Guyane, sont attendus au 3e trimestre 2011.

 Le saviez-vous ?

Le chantier de Sinnamary révèle des vestiges amérindiens
Avant les 1ers travaux de terrassement, des recherches archéologiques préventives ont révélé fin 2004 des traces de sites très anciens sur les carrières de sable du chantier : 3 zones probablement occupées par les Amérindiens il y a 3 200 ans et un site de contact entre l'Ancien et le Nouveau monde.

Des fragments de hache polie, des céramiques aux décors géométriques, des poteries avec des incisions sur la panse, des ajouts en forme de singes, de jaguars ou d'humains, peintes en rouge, blanc et noir à l'intérieur et à l'extérieur ont été trouvés sur les 3 1ères zones. Sur le site de contact, les archéologues ont identifié du métal importé, des pipes en terre africaine et des perles amérindiennes.

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